Ségolène Royal est une diplomate née. La candidate socialiste a répété, mardi 23 janvier, lors d'un entretien sur Europe 1, les propos qu'elle a tenus la veille sur le statut du Québec. Lors d'une rencontre avec André Boisclair, le chef du Parti québécois (PQ), la candidate socialiste s'est déclarée favorable à la souveraineté du Québec. Radio Canada a ainsi diffusé un extrait dans lequel la candidate socialiste explique que sa position "reflétait des valeurs communes, soit la liberté et la souveraineté du Québec".Cette rencontre entre un dirigeant indépendantiste québécois et la candidate socialiste a provoqué de vives réactions au Canada. Le premier ministre canadien, Stephen Harper, a estimé "tout à fait inapproprié pour un leader étranger de se mêler des affaires démocratiques d'un autre pays". Les propos de Mme Royal ont aussi été dénoncés par le nouveau chef du Parti libéral fédéral, Stéphane Dion, ardent défenseur du fédéralisme canadien. "On ne s'ingère pas dans les affaires d'un pays ami, on ne souhaite pas le démantèlement d'un pays ami", a-t-il dit.
Cabale au Canada
Quant au premier ministre du Québec, Jean Charest, il a dit ne pas avoir pris connaissance des propos de Mme Royal, relevant que ce sont les Québécois qui décideront eux-mêmes de leur avenir. Il a également noté qu'à sa connaissance, Mme Royal n'était jamais venue au Québec.
Rétropédalage toute
"Comme dans toute démocratie, le peuple qui vote est souverain et libre, et donc les Québécois décideront librement de leur destin le moment venu, s'ils en sont saisis", précise ce matin Mme Royal. Interrogée sur cette polémique, Mme Royal a ajouté que "ce n'est pas à la France de dicter ni aux Québécois ni aux Canadiens ce qu'ils doivent faire". "Mais en revanche les principes de souveraineté et de liberté ne me paraissent absolument pas contestables", a ajouté fort utilement la candidate à la présidentielle.


















