La dernière de Bécassine

Une de plus ! De proposition ? Non, de gaffe bien sûr ! Ségo s'est fait piégée par l'imitateur Gérald Dahan, qui l'a appelée en se faisant passer pour le Premier ministre du Québec. L'air outré, il a lancé à la candidate socialiste : "C'est comme si nous, on disait 'il faut que la Corse soit indépendante'". Ségolène Royal a alors répondu en riant aux éclats : "les Français ne seraient pas contre d'ailleurs. Ne répétez pas cela. Cela va encore faire un incident, ce coup-là en France. C'est secret".
Au sein du PS, après avoir snobé ces ex-challengers DSK et Fabius, depuis disparus corps et biens, on avait compris que Ségolène Royal ne brillait pas par son esprit de rassemblement. On s'aperçoit, qu'à la tête de la République, ce pourrait être pire encore. Vive l'indépendance de la Corse ! Et... de la région Poitou-Charentes !

"Royal : l'heure des doutes"

Un extrait d'un article du "Nouvel Obs", peu suspect d'antiroyalisme primaire, qui donne du baume au coeur aux antiségolénistes primaires, secondaires et même tertiaires que nous sommes.

"Seule responsable de sa victoire hier, Ségolène Royal est aussi seule responsable de ce qui lui arrive aujourd'hui. Sa conquête du parti par l'extérieur et la dureté avec laquelle elle a traité ses rivaux défaits ont compliqué lesrelations traditionnellement tendues qu'entretiennent le PS et son candidat en campagne présidentielle. Son choix d'une longue phase de débats participatifs et son positionnement sur la méthode plutôt que sur le programme ont laissé s'installer l'idée qu'elle cherchait à gagner du temps, voire à masquer uneabsence de fond.
Son fonctionnement baroque, enfin, qui mêle une difficulté à déléguer, un refus de la contrainte et un art consommé de l'improvisation frôlant parfois l'amateurisme ne la met pas à l'abri d'un accident. Ségolène Royal n'en ignore rien. Elle a donc agi en connaissance de cause. Après tout, le cocktail ne lui a pas mal réussi lors de la campagne interne.
Le problème, c'est que les gaffes de cet hiver n'ont rien à voir avec celles qui ont émaillé l'automne. Les « écarts » supposés de Ségolène Royal durant les primaires (sur les 35 heures, l'encadrement des jeunes délinquants, la carte scolaire...) lui avaient donné chaque fois l'occasion de se démarquer, de cliver, pour au final faire tourner le débat autour d'elle. Ce n'est plus le cas désormais. Le pataquès avec le Hezbollah, la « bravitude », l'embrouillamini fiscal ou encore sa méconnaissance de la législation sur les violences conjugales n'ont fait qu'écorner son image et instiller le doute.
Consciente du risque, la candidate tente aujourd'hui de réagir. Par petites touches. Depuis une semaine, elle a multiplié les sorties médiatiques, précisé quelques propositions, étoffé son équipe de porte-parole et même modifié son calendrier. Les premiers comptes rendus des débats participatifs seront ainsi dévoilés dans les régions dès le 3 février avant une synthèse nationale le 11. Changer sans le dire, entendre sans se renier. En zone de turbulences comme en vitesse de croisière, Ségolène Royal reste la seule pilote d'une campagne calibrée pour et par elle."


Matthieu Croissandeau
Le Nouvel Observateur

De quoi je me mêle ?

Ségolène Royal est une diplomate née. La candidate socialiste a répété, mardi 23 janvier, lors d'un entretien sur Europe 1, les propos qu'elle a tenus la veille sur le statut du Québec. Lors d'une rencontre avec André Boisclair, le chef du Parti québécois (PQ), la candidate socialiste s'est déclarée favorable à la souveraineté du Québec. Radio Canada a ainsi diffusé un extrait dans lequel la candidate socialiste explique que sa position "reflétait des valeurs communes, soit la liberté et la souveraineté du Québec".
Cette rencontre entre un dirigeant indépendantiste québécois et la candidate socialiste a provoqué de vives réactions au Canada. Le premier ministre canadien, Stephen Harper, a estimé "tout à fait inapproprié pour un leader étranger de se mêler des affaires démocratiques d'un autre pays". Les propos de Mme Royal ont aussi été dénoncés par le nouveau chef du Parti libéral fédéral, Stéphane Dion, ardent défenseur du fédéralisme canadien. "On ne s'ingère pas dans les affaires d'un pays ami, on ne souhaite pas le démantèlement d'un pays ami", a-t-il dit.


Cabale au Canada

Quant au premier ministre du Québec, Jean Charest, il a dit ne pas avoir pris connaissance des propos de Mme Royal, relevant que ce sont les Québécois qui décideront eux-mêmes de leur avenir. Il a également noté qu'à sa connaissance, Mme Royal n'était jamais venue au Québec.

Rétropédalage toute

"Comme dans toute démocratie, le peuple qui vote est souverain et libre, et donc les Québécois décideront librement de leur destin le moment venu, s'ils en sont saisis", précise ce matin Mme Royal. Interrogée sur cette polémique, Mme Royal a ajouté que "ce n'est pas à la France de dicter ni aux Québécois ni aux Canadiens ce qu'ils doivent faire". "Mais en revanche les principes de souveraineté et de liberté ne me paraissent absolument pas contestables", a ajouté fort utilement la candidate à la présidentielle.

L'insoutenable légèreté de Ségolène

Vendredi, Ségolène Royal, plus vindicative que jamais, annonçait que, en cas de victoire, sa première loi serait contre les violences faites aux femmes et la nécessité de légiferer sur l'éloignement du conjoint violent.
Samedi, des élues UMP ont aussitôt exigé «des actes pas des mots». Et de rappeler que Ségolène Royal «n'a été présente ni en première lecture, ni en deuxième lecture, ni lors de l'adoption finale à l'unanimité» de la loi du 4 avril 2006 renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple. Signé de Valérie Pécresse, porte-parole de l'UMP, ce texte précise aussi que «madame Royal n'a d'ailleurs ni déposé ni cosigné d'amendements sur ce texte» issu d'une proposition de loi socialiste, avant d'estimer que ce sujet «est trop grave pour être instrumentalisé politiquement».

Aujourd'hui même, Dominique Perben a rappelé qu'il a mis en place il y a trois ans, quand il était ministre de la Justice, les mesures préconisées par la candidate PS.

N'en jetez plus !

Au doigt et à l'oeil !

Contrairement aux apparences, les propos qui suivent ne sont pas bidonnés. La vraie nature de Ségolène Royal s'y exprime dans toute sa plénitude (ce n'est pas un pléonasme). Une vraie mère fouettarde !

Ségolène Royal a assuré dimanche 22 janvier sur Canal + qu'elle conduirait les socialistes "à la victoire", pour autant qu'ils l'écoutent et "fassent ce qu'(elle) leur demande"."Vous verrez que les socialistes ne regretteront pas de m'avoir écoutée. Qu'ils fassent ce que je leur demande et je les conduirai à la victoire, non pas ma victoire à moi, mais pour un pays qui a un désir d'avenir", a lancé la candidate PS à la présidentielle.

"Je veux tenir bon sur ma conception de l'exercice du pouvoir et de la campagne présidentielle", a-t-elle affirmé, en réponse à certains doutes qui ont pu être exprimés au PS sur la méthode des débats "participatifs". Comme on lui demandait si elle n'avait pas snobé ses adversaires malheureux de la compétition interne, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, elle a assuré qu'elle avait "besoin de tout le monde" et que "tout le monde est à égalité".
"Tout le monde aujourd'hui doit être à l'écoute des citoyens et m'aider à porter la parole des Français", a-t-elle dit. "Si Laurent Fabius organise ces débats participatifs dans sa région, je serai à ses côtés", a-t-elle assuré.
C'est beau la démocratie participative !

Montebourg au piquet pour un mois

Bonne nouvelle : Arnaud Montebourg ne manque pas d'humour. Hélas pour lui, sa candidate préférée en manque sérieusement. Surtout ces derniers temps, où le bateau de sa campagne tangue sérieusement. Hier soir, au grand journal de Canal +, le porte-parole de Ségolène Royal, à qui l'on demandait quel était le plus gros défaut de Ségolène Royal, s'est écrié, avec une spontanéité confondante : "Son compagnon." Un vrai cri du coeur ! Arnaud Montebourg s'est empressé de préciser que "c'était pour rire". Mais le mal était fait. D'autant qu'on serait tenter de croire à sa sincérité. D'une part, parce que Arnaud et François ne sont pas franchement à tu et à toi. Mais surtout, après les déclarations malencontreuses du premier secrétaire du PS sur la nécessité d'augmenter les impôts, certains, dont Montebourg, commencent à se demander, si "Flamby" (surnom donné par Fabius à François Hollande) ne prendrait pas un malin plaisir à marquer des buts contre son camp.
Ségolène Royal a donc décidé, dans une mesure destinée "à rétablir l'ordre juste" (sic), de suspendre son flamboyant porte-parole pour... 1 mois. Quand nous écrivions dans ces colonnes, en novembre dernier, que Ségolène Royal s'adressait aux militants comme une maîtresse d'école fait la leçon à sa classe, nous n'étions pas loin du compte. Tout Sauf Ségo ne résiste pas au plaisir de vous livrer in-extenso le morceau de "bravitude" de la Poitevine."Quand le moment vient, conformément au principe qui est le mien, je rétablis de l'ordre, de l'ordre juste et j'exerce mon autorité juste, sans dramatiser les choses, mais sans laisser passer un certain nombre de choses", a expliqué Ségolène Royal en marge d'un déplacement à Paris. "Donc j'ai mis un carton jaune" à "mon ami Arnaud". "Il est suspendu de ses fonctions, il ne parlera plus en mon nom pendant un mois".
La droite a mis les rieurs de son côté en qualifiant Arnaud Montebourg de "M. Montebourde" (Nadine Morano). "Quand il y a un trou d'air, ça n'est jamais bon signe quand le pilote de l'avion réagit en coupant des têtes dans son équipe", estimait un autre député UMP, Laurent Wauquiez. La palme de l'humour revient à Dominique Paillé qui a déclaré : "Le jeune élève Montebourg a un mois de colle".

Fiscalement vôtre


C'est peu dire que le programme de Ségolène Royal n'est pas d'une folle clarté. Sur la fiscalité, le flou artistique, savamment maintenu par la candidate, a franchement viré à la confusion début janvier. Entre Hollande, qui souhaite créer une "CSG retraite", et Jack Lang augmenter les impôts de ceux qui gagnent plus de 4000 euros nets par moi. Salauds de riches !
Afin de calmer le jeu, la candidate a botté en touche en chargeant DSK d'une mission sur la fiscalité. Ce dernier n'a pas d'emblée contribué à détendre l'atmosphère. Puisqu'il a exprimé dimanche de fortes réserves sur l'idée d'une "CSG retraite"."Je veux qu'on remette à plat l'ensemble de la question des retraites, et si à l'arrivée l'ensemble des forces de ce pays, politiques et sociales, arrivent à un consensus sur ce qu'il faut faire et que la conséquence de cela, c'est qu'il faut ce prélèvement, eh bien il le faudra", a déclaré Dominique Strauss-Kahn au "Grand jury RTL-Le Figaro-LCI". Mais "je pense que c'est de mauvaise méthode que de commencer par dire qu'il faut un prélèvement", a-t-il ajouté.
"C'est une méthode trop simple devant des problèmes aussi compliqués que de dire: plus il y a de la dépense, il n'y a qu'à prélever plus", a jugé l'ancien ministre de l'Economie.
M. Hollande a proposé en décembre de créer, notamment pour maintenir les petites retraites et celles des métiers pénibles, "une contribution de solidarité, calculée sur l’ensemble de la richesse produite et pas seulement sur le travail", "une sorte de CSG retraite" payée "pour moitié par les salariés et les entreprises".
Interrogé sur les propositions fiscales faites par M. Hollande, qui ont suscité la polémique, M. Strauss-Kahn a estimé que celui-ci ne les a pas faites "comme premier secrétaire", "puisque aucun des points qu'il a proposés n'avait été proposé au Parti socialiste", a-t-il ajouté. "Il dit ce qu'il veut à titre personnel".
Vive la solidarité et vive le programme socialiste !

"Sa bêtise l'a rendue intouchable"


Alain Minc a osé dire tout haut ce que beaucoup à gauche pensent tout bas. Interrogé ce matin sur Canal +, il a raillé la candidate socialiste : "Sa bêtise l'a rendue intouchable." "Vous connaissez sa dernière" a-t-il lancé au journaliste qui l'interviewait ? "En Chine, elle a déclaré que la justice chinoise fonctionne bien et vite." Et de poursuivre, en disant que la grande théorie des citoyens experts, chère à la Poitevine, était la négation même du savoir. Ce qu'avait dit Jospin avant lui. Puis de citer Rocard, qui a confié dernièrement, à l'appui de ses doutes sur les capacités de la candidate : "On ne confie pas un camion de 40 tonnes bourré de TNT à une personne qui n'a même pas le permis voiture."Alain Minc a rappelé que sa préférence allait à DSK. Mais que compte tenu des circonstances, il voterait Sarkozy. Bien plus capable de faire le job que Ségo, selon lui.

Ségolène brave la muraille de Chine

Quel talent ! Quelle "inventivité sémantique" (dixit Jack Lang, ex-tontolâtre devenu Ségolâtre) ! Ségolène Royal s'est une fois de plus distinguée par ses capacités intellectuelles hors du commun, ce week-end en Chine, où elle effectue un voyage de quatre jours. Souhaitant faire couleur locale, elle a décidé de ponctuer chacune de ses apparitions médiatiques de prétendus proverbes du cru. Ainsi a-t-elle déclaré samedi : "Comme le disent les Chinois, un Chinois qui ne vient pas sur la Grande muraille n'est pas un brave et un Chinois qui vient sur la Grande muraille conquiert la bravitude (sic)."L'entourage de Ségolène Royal, pour qui chacune des bourdes de la candidate fait ventre, s'est aussitôt efforcé de donner un sens au néologisme "bravitude". "Je pense que ce qu'elle a voulu exprimer c'est la plénitude de la bravoure (...) c'est-à-dire quelque chose de plus que la simple bravoure", s'est risqué à dire lundi 8 janvier Jean-Louis Bianco, son co-directeur de campagne.Jamais à court d'invention, la madonne des sondages avait auparavant prêté à un obscur Chinois le célèbre proverbe d'Hegel :"Rien de grand ne s'est accompli dans le monde sans passions."

Désirs de lire : le livre de la candidate se fait désirer

Ségolène Royal serait-elle en butte au vertige de la page rose ? Ou tout simplement en panne d'idées ? En tout cas, le livre programme qu'elle avait promis pour l'automne se fait sérieusement désirer !
La Poitevine avait annoncé, au début de sa précampagne, qu'elle publierait un «livre participatif» nourri par les contributions recueillies sur son site Internet, desirsdavenir.org, avec mise en ligne d'un chapitre tous les quinze jours. Le premier chapitre, intitulé « Le désordre démocratique », a été mis en ligne le 24 mars dernier, écrit en style télégraphique ; le deuxième, « Les désordres de l'emploi et du travail », le 10 septembre. Las ! Depuis, c'est morne plaine.
Voilà qui est de mauvais augure pour celle qui se targue, contrairement à ses concurrents, de ne promettre que ce qu'elle peut tenir. En attendant, ses fans pourront se contenter des livres écrits par d'autres, qui s'essaient à percer, avec plus ou moins d'esprit critique, le « mystère » de sa personnalité et surtout de sa désignation.
Interrogés par Le Figaro, plusieurs membres de l'équipe Royal sont restés silencieux sur l'avenir de cet ouvrage. « Je ne sais pas », s'est contenté de dire le codirecteur de campagne Jean-Louis Bianco, tandis que Julien Dray, coordonnateur des porte-parole, annonce une réunion prochaine pour décider du sort de cet ouvrage. Indisponibles en librairie également, les livres d'entretiens avec Ségolène Royal, pourtant annoncés depuis des mois dans les rubriques « livres » des magazines.
Ainsi, un contrat a été signé en 2005 entre Royal et les éditions Flammarion pour un livre de ce type. Les entretiens ont été réalisés en 2004-2005 par la journaliste du Journal du Dimanche Pascale Amaudric, et plusieurs fois retravaillés depuis. Annoncée pour mars 2006, la date de parution a été repoussée à septembre 2006 et le livre est désormais annoncé sur les sites de vente en ligne pour mars 2007, avec possibilité de commande à l'avance et photo de la couverture. Mais la candidate du Parti socialiste n'a jamais donné son feu vert pour la publication.

Montebourg : Un porte-parole tout en nuances

Arnaud Montebourg n'est pas près d'ouvrir un compte en Suisse. Le porte-parole de Ségolène Royal a provoqué un tollé au pays de l'argent sale et du chocolat Nestlé. Qualifiant la Suisse de "voisin indélicat" dans une tribune publiée mardi par le journal français Libération, le porte-parole de Mme Royal a prôné un "blocus" à l'encontre des paradis fiscaux qui attirent non seulement des vedettes comme Johnny Hallyday mais aussi les sièges sociaux de grandes entreprises. Pour Montebourg "les grands pays européens devront s'unir (...) afin de construire les conditions d'un changement radical de comportement de ces paradis à nos portes qui, si nous restons les bras ballants, nous préparent l'enfer fiscal". La rhétorique est rarement synonyme d'efficacité économique, chez le député de Saône et Loire."Ségolène part en croisade contre la fiscalité suisse", a titré le quotidien Le Temps, alors que le journal Le Matin a dénoncé "Le Français qui attaque la Suisse". La Zapatera, invitée par le PSS (parti socialiste suisse), devra marcher sur des oeufs lorsqu'elle se rendra sur les bords du Lac Léman.Du pain bénit pour le parti populiste suisse UDC, très jaloux de l'indépendance du pays du gruyère. L'UDC a ainsi claironné exclure tout "compromis" sur la souveraineté fiscale helvétique.Une chose est sûre : si Ségolène Royal est élue en mai prochain, la Suisse ne risque pas de frapper à la porte de l'Europe de sitôt.

Elle n'en fait qu'à sa tête

Un article du "Monde" confirme la fâcheuse propension de la reine de la démocratie participative à n'en faire qu'à sa tête.
"Aucun poing, aucune rose rouge. Tout était bleu, mercredi 20 décembre, dans le gymnase d'Illkirch-Graffenstaden : la scène, le fond de scène, les panneaux-slogans et même les badges. Bleu comme le logo de l'association de campagne Désirs d'avenir, de Ségolène Royal. Bleu comme aucune réunion du PS ne l'est habituellement.Les élus socialistes étaient présents, membres de l'équipe de la candidate, comme Jean-Louis Bianco, son codirecteur de campagne, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste de l'Assemblée, ou bien élus du cru, comme l'ancienne maire de Strasbourg, Catherine Trautmann, ou le maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel. Même Henri Emmanuelli était là, en sa qualité de "coordinateur du projet socialiste". Mais chacun a été prié d'intervenir brièvement, ou pas du tout. Mme Royal tient le parti en lisière.Depuis l'investiture de la candidate, la jonction entre son équipe, restreinte, et le parti paraît laborieuse. Nommé codirecteur de campagne, François Rebsamen, numéro deux du PS, n'est jamais visible. Les informations circulent au compte-gouttes. Les dirigeants socialistes avaient appris au dernier moment le déplacement de Mme Royal au Proche-Orient. C'est encore le cas pour sa visite annoncée en Chine, début janvier. Tout se décide selon l'intuition de la candidate, qui n'en fait qu'à sa tête. "Elle n'écoute pas", s'agace un membre de son équipe.Le siège de la campagne, a-t-elle assuré, sera celui du parti. Mais elle emménage avec sa seule garde rapprochée boulevard Saint-Germain, à Paris, presque en catimini. Les mesures sociales et économiques exposées par François Hollande, dans Le Monde du 19 décembre, ont été abondamment commentées. Elle n'en a pas dit un mot. Mieux : le jour de la parution de l'entretien, Mme Royal a annulé deux conférences de presse sans explication. Voulait-elle échapper aux questions sur l'intervention du premier secrétaire du PS ?Son attitude a entretenu le doute sur leur rivalité potentielle. Cette ambiguïté n'a pas été dissipée par M. Bianco. Interrogé sur RTL, jeudi matin, il a précisé à propos de la CSG retraite, évoquée par M. Hollande, que ce sujet avait été "débattu dans le cadre du projet", mais "pas inscrit dans le projet". "C'est une idée en débat. (...) Que François Hollande (...) participe au débat participatif, c'est tout à fait son droit", a fait valoir M. Bianco.La candidate avait annoncé son intention d'étoffer son équipe, mais rien n'est venu. Au grand dam de dirigeants socialistes, qui attendaient un signe. Sur le terrain, les tensions sont parfois sensibles entre les comités Désirs d'avenir et les fédérations socialistes. Certes, le PS se met en ordre de marche. Mais la méthode très personnelle de la candidate déroute le parti. " Isabelle Mandraud

Le slogan qui déchire grave

La rupture tranquille de Sarkozy n'a qu'à bien se tenir. C'est du pipi de chat en comparaison de ce que nous promet l'affiche de la candidate socialiste : "Pour que ça change fort !" Même si on ne peut s'empêcher de penser aussitôt à la pub "Vichy Saint-Yorre, c'est fort !" Un programme électoral qui évoque une eau de régime n'est pas forcément synonyme de dynamisme.
Fort heureusement, son entourage a pris soin de préciser que ce n'est pas l'affiche définitive. Même si elle sera diffusée à trois cent mille exemplaires.
Voilà qui tombe bien. Car la photo est à l'image du slogan : floue. On voit la madone entouré de quidams qui ont la particularité d'être... flous ! Doit-on en déduire que c'est parce qu'ils n'ont pas encore été éclairés par la vérité céleste délivrée par la Poitevine ? Laquelle a tout de même la modestie de se tenir au milieu d'eux, à la même hauteur. Faudra-t-il attendre le résultat des élections pour que les admirateurs flous soient soudain touchés par la grâce de la clarté ?

Ségolène Royal fait la leçon aux militants


Ce n'est pas une candidate à la présidentielle mais une maîtresse d'école qu'ont désignée hier les militants socialistes. Ségolène Royal s'est en effet, par moments, adressé à eux comme à une classe d'élèves : "Si vous faites bien ce que je vous propose, si vous me faites bien remonter ce que vous entendez des Français, de leur intelligence collective pour que je puisse réajuster les choses en temps réel, si vous faites bien tout cela, alors, oui, je vous mènerai à la victoire."Une chose est sûre : Ségolène Royal a parfaitement compris qu'un militant socialiste est à la politique ce qu'elle est à Hillary Clinton.

Ségo creuse l'écart dans les sondages

Serait-ce le résultat de ses photos en maillot de bain sur la plage ou du cambriolage de son domicile ? Toujours est-il que Ségolène Royal vient de creuser l'écart avec Sarkozy : 55% des Français la préfèrent au ministre de l'Intérieur (contre 44%). Coup dur pour les éléphants : elle est la seule des socialistes à le devancer en cas de duel, selon un sondage IFOP pour Dimanche Ouest-France. A l'inverse, la moitié (50%) des personnes interrogées préfèrent le président de l'UMP à Jack Lang (47%). M. Sarkozy devance également avec 53% Lionel Jospin, crédité de 44% de préférences.M. Sarkozy est aussi préféré à 55% face à Dominique Strauss-Kahn (42%), à 56% face au premier secrétaire du PS François Hollande (41%). Il est à 58% face à Laurent Fabius (38%), selon cette même étude.Du coup, c'est le branle-bas de combat à l'UMP. La tension devient palpable. Patrick Devedjian, conseiller politique de Nicolas Sarkozy à l'UMP, estime dans une interview à paraître dans le Parisien Dimanche que "l'élection présidentielle sera difficile" et que "la campagne sera décisive". Selon M. Devedjian, le président de l'UMP Nicolas Sarkozy "devra quitter le gouvernement, comme il l'a prévu, dès lors que la campagne électorale le mobilisera tant qu'il ne pourra plus s'occuper des affaires de l'Etat.""C'est aussi une question de morale afin de ne pas utiliser les moyens financiers de l'Etat pour faire campagne", ajoute-t-il.Le discours que va tenir Ségolène Royal à la Fête de la Rose, organisée par son nouvel allié Arnaud Montebourg, en Saône-et-Loire aujourd'hui dimanche 20 août, sera dans ces conditions, plus que jamais l'objet de toutes les attentions.

Tout fait ventre dans la com de la candidate

Rentrée en fanfare : visiblement pressée d'en découdre avec Sarkozy, la favorite des sondages s'en est pris au ministère de l'intérieur, accusé d'avoir divulgué l'information du cambriolage de son domicile à la presse. «Il est scandaleux que cette information ait été diffusée par le cabinet du ministre de l'Intérieur, alors que j'avais demandé que cet incident reste confidentiel», a-t-elle déclaré.Visiblement pas à un paradoxe près, Ségolène Royal laisse entendre que l'affaire serait plus grave qu'il n'y paraît… car rien n'aurait été dérobé dans l'appartement. «Il ne s'agit pas d'un cambriolage, mais d'une intrusion et de la fouille intégrale de mon domicile, où rien n'a été volé», assure la favorite socialiste des sondages. Elle aurait découvert les faits jeudi soir, à son retour de vacances, un jour avant François Hollande. «Tout a été retourné, les placards ont été vidés», dit-elle. Et d'ajouter, sur un ton un peu dramatique : «Je ne me sens pas intimidée par ce qui s'est passé.»La polémique s'est ensuite enclenchée avec le ministère de l'Intérieur. La présidente de Poitou-Charentes a accusé, dans un premier temps, l'entourage de Nicolas Sarkozy d'avoir rendu l'histoire publique. La Place Beauvau a aussitôt démenti être à l'origine de la fuite. «Dont acte», a répondu ensuite Ségolène Royal pour calmer le jeu, en précisant qu'elle ne soupçonnait «quand même pas» le ministère de l'Intérieur d'avoir organisé une éventuelle tentative d'intimidation. «Il est normal de s'interroger sur les motivations de ce qui s'est passé», a-t-elle cependant expliqué.Entre-temps, pour allumer un contre-feu, des proches de Nicolas Sarkozy sont montés au créneau pour polémiquer avec elle. «Je constate qu'elle perd son sang-froid», a déclaré hier Roger Karoutchi, secrétaire national de l'UMP. «Elle cherche à jeter le discrédit sur les services du ministère de l'Intérieur pour organiser sa propre promotion.» «On est dans le rocambolesque», a ironisé le député Yves Jego.Un coup tordu monté par une officine ?Très remontée, un rien paranoïaque, Ségolène s'est laissée aller à dire qu'elle avait «fait vérifier la sécurisation de ses lignes téléphoniques». Mais par qui ? Il ne s'agit pas d'un service classiquement offert à la clientèle des opérateurs téléphoniques. A moins que la police lui ait aimablement prêté le concours des techniciens oeuvrant pour la DST, les RG ou la PJ. Toujours est-il que Royal sous-entend qu'elle aurait pu être victime d'une officine. Ce qui amuse certains policiers. «Quand une officine fait un travail, elle ne laisse pas de traces de son passage ou alors elle maquille son intervention en cambriolage en volant précisément quelques objets de valeur», confie un officier rompu aux investigations sensibles. Mais puisque rien n'a été volé à Boulogne…Le couple n'a pas porté plainte immédiatement. Ségolène Royal assure avoir, en revanche, «fait un signalement au commissariat». Du côté du premier secrétaire du PS François Hollande, on a choisi de ne pas commenter. Une enquête a tout de même été confiée à la PJ des Hauts-de-Seine par le parquet de Nanterre «eu égard à la personnalité des victimes». Une source proche de l'enquête prétend que «rien ne permet de penser que le ou les intrus avaient une idée particulière en liaison avec les occupants de l'appartement».Et si c'était un coup des éléphants ?

Ségolène cambriolée


Mais que fait la police ? L'appartement de Ségolène Royal à Boulogne-Billancourt (92), qu'elle partage avec son conjoint François Hollande et leur quatre enfants, a été visité durant leurs vacances sur la Côte d'Azur.Apparemment, plus de peur que de mal : rien n'a été dérobé.Les visiteurs cherchaient des idées ?

Ségo en vacances


« Avec quel homme ou quelle femme politique préféreriez-vous partir en vacances? ». La question n’est pas d’un immense intérêt politique. Néanmoins, l’institut BVA a réussi à trouver un échantillon de de 1.005 personnes représentatif de la populationfrançaise, avec la méthode des quotas, qui ont accepté d’y répondre. En bonne logique, ce sont Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, les deux présidentiables préférés des Français, qui arrivent en tête. 28% des sympathisants de gauche préféreraient la compagnie de SégolèneRoyal à celle de douze autres personnalités politiques pour partir en vacances, tandis que 28% des sympathisants de droite choisiraient Nicolas Sarkozy parmi la même liste. Le président de la République Jacques Chirac n'obtient que 4% dans son propre camp, derrière le Premier ministre Dominique de Villepin (7%). Les Français ont dû comprendre que le Président et son hussard préféré partaient en vacances au Liban…

Plus people que peuple : Ségolène reconnue par les siens


Tant d'efforts ne seront pas restés vains. Ségolène est enfin reconnue par les siens. Les socialistes ? La gauche ? Le prolétariat ? La France d'en-bas ? Non ! Les PEOPLE !Pour Laurence Piau, rédactrice en chef de Closer, dont "le concept est de montrer les people dans la vraie vie" (ça ne s'invente pas), "Ségolène Royal est un people" qui colle au dit concept : "Elle apparaît sur ces photos comme "Madame Tout le monde" sur une plage publique. Elle pourrait être une de nos lectrices, se musclant dans l'eau comme beaucoup de femmes l'été."Une véritable consécration.Ségolène Royal est à droite de la couverture ci-contre, vêtue d'un maillot 2 pièces bleu, d'une casquette et de lunettes de soleil, marchant sur le sable fin telle une naïade sortie de l'eau.

Jospin emporté par la tornade Royal

Lionel Jospin s'impatiente. A quelques semaines de l'université d'été de la Rochelle, fin août, les quelques soutiens qu'il compte encore au PS donnent de la voix. N'ayant pas réussi à faire frémir sa popularité après l'annonce alambiquée sur TF1 de sa possible candidature, le 28 juin dernier, son avenir politique pourrait bien être derrière lui. Seule espoir : contrairement à ce que les sondages laissent entendre, Ségolène Royal n'a pas creusé définitivement l'écart dans les rangs des militants. Les ralliements de quelques ténors du parti (Ayrault, Rebsamen, Mauroy et Guérini), dont le dernier en date, celui de Montebourg, n'était pas d'une folle spontanéité ("Je crois que Ségolène Royal incarne une part de la rénovation que nous portons, et qu'il est utile pour la victoire de nos idées, et celles de toute la gauche en 2007, de se préparer, dans le respect de ce qui nous tient à cœur, à travailler ensemble" a déclaré le bouillant député de Saône-et-Loire le 14 juillet, précisant qu'il s'agissait d'une "ouverture" mais pas d'un "ralliement"), n'ont pas suffit à créer une dynamique qui emporte l'adhésion d'une majorité indiscutable. Les fédérations attendent l'automne avant de se déclarer. Et Ségolène Royal n'échappera pas au débat et à l'élection interne du candidat socialiste prévue le 16 novembre prochain.L'appel du 29 juilletC'est donc le moment où jamais pour Jospin de rappeler qu'il existe. Premier épisode, l'appel du 29 juillet dans le Monde. Dix personnalités du PS, les secrétaires nationaux Kader Arif, Eric Besson, Harlem Désir, Anne Hidalgo, Annick Lepetit, André Vallini et Clotilde Valter, Bernard Poignant et Manuel Valls, membres du bureau national, et Francis Chouat, responsable national du parti. Elles déclaraient que Lionel Jospin, qui n'avait pu accéder au deuxième tour en 2002, a les meilleurs atouts pour représenter les socialistes dans la course à la présidence - une "stature incontestée d'homme d'Etat", une "expérience reconnue", notamment sur le plan international, et une "vision lucide" de la situation en France. Et ne se privaient pas d'égratigner la Zapatera : "La percée de l'éventuelle candidate socialiste ne s'appuie pas sur une reconquête de l'électorat de gauche". Une manière à peine voilée de dénoncer la peopolisation de la vie politique.Delanoë à la rescousseDernier épisode en date, le soutien de Delanoë, jeudi 10 août sur France Inter. Il a vanté l'expérience et la rigueur de l'ancien Premier ministre. Ajoutant que Lionel Jospin serait une "garantie pour la France de demain". "Sa rigueur, que parfois l'on gausse, son austérité, c'est une garantie pour la France de demain, du sérieux, du rassemblement et du fait que toutes les énergies, toutes les intelligences et toutes les convictions à gauche sont indispensables pour qu'on tente de servir la France pendant cinq ans" a affirmé le maire de la capitale.Alors que l'on reproche de plus en plus à Delanoë, jusque dans son camp, son côté cassant et despotique, on peut se demander si son soutien ne risque pas de se révéler contre-productif.